Ce billet est la suite et fin de la série :

Rappel : Devenir PO (product owner) n'est pas anodin. C'est changer sa manière de voir les choses.
Il est intéressant de se pencher sur ce changement, au travers des difficultés éventuellement rencontrées, tout en envisageant quelques pistes d'aides et (pour les 2 dernières bulles du schéma ci-dessous) des propositions de bonnes habitudes à prendre ; le but n'est donc pas ici d'expliquer en détail les activités du product owner (comment réaliser un backlog, qu'est-ce qu'une user story, etc). Si ce sujet vous intéresse, je vous conseille le très bon livre de Claude Aubry : 'Scrum, Le guide pratique de la méthode agile la plus populaire'.

Et pour finir la série, regardons la bulle n°11.

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Bulle n°11 : Le PO fait partie d'une équipe

equipe3.JPG Le PO fait partie intégrante de l’équipe. Travailler en équipe est l’un des facteurs de réussite du projet.

Pourtant ça n’est pas ce qui est le plus facile. Kofi Annan le dit très bien lui-même : « Dieu a créé le monde en 7 jours. Mais il a eu la chance de travailler seul… » Si l'on rapproche ceci du fait Kofi Annan a été secrétaire général des Nations Unies pendant 10 ans, on se dit qu'il a peut-être rencontré quelques difficultés.

Travailler en équipe ne s’apprend pas à l’école (peut-être un jour ?), mais il n’est jamais trop tard. C'est donc sur le "terrain" que l'on apprend, et alors, l'aide d'un coach d'équipe peut s'avérer précieuse.

Pour l'heure, je vous propose 5 bonnes habitudes qui aident énormément.

Habitude n°3 : Apporter et demander de l'aide

entraide.jpg Même si développeurs et PO n'ont pas le même métier, ils peuvent bien souvent s'entraider.
Un jour, PO sur un projet, je peinais à rédiger mes tests. Je voyais l'itération suivante approcher, et je sentais que les user stories n'allaient pas être prêtes. L'un des développeurs a rédigé avec moi quelques tests et on a réussi à être prêts pour l'itération suivante. On peut presque toujours trouver un moyen d'aider ou de se faire aider.

Habitude n°4 : Utiliser les qualités de chacun

differences.jpg Chacun a ses points forts ; utilisons-les au maximum. Sur l'un de mes projets, un des développeurs avait un goût particulier pour les "belles" ihm (intuitives, esthétiques). Je lui demandais régulièrement de me donner des idées, et son avis sur les écrans de l'application que nous développions. Un autre développeur de cette même équipe était un "clown", il avait toujours envie de glisser une blague dans la conversation. Il nous a été très utile pour "dégoupiller" certaines tensions.

Habitude n°5 : Chercher les solutions, pas les coupables

solution.jpg Ne serait-ce que parce que cela nous permet de gagner du temps : savoir qui a fait quoi, ça ne nous avance pas toujours. On peut faire un rapprochement avec l'idée évoquée dans un précédent billet : "Il vaut mieux enseigner les vertus que condamner les vices".



Habitude n°6 : Ne pas parler à la place des autres

boucheBarree.JPG D'une part parce que c'est toujours mieux de laisser chacun exprimer ses propres idées. D'autre part à cause du risque de l'effet "téléphone arabe".



Habitude n°7 : Écouter, écouter, écouter

ecouter.jpg Nous avons deux oreilles et une seule bouche...c'est sûrement qu'il faudrait écouter 2 fois plus qu'on ne parle !
"Je sais, ça n’a rien à voir, nous aurions pu aussi avoir, en tant qu'espèce animale, une seule oreille et deux bouches, ou six oreilles et pas de bouche, et avoir toujours cette irrépressible tendance à préférer parler qu'écouter..."
Christophe André

Devenir PO, c'est prendre de nouvelles habitudes

Finalement, devenir PO, c’est en grande partie prendre de nouvelles habitudes.
Et prendre une habitude, n’est pas si simple : comme le définit Stephen Covey dans son livre The 7 Habits of Effective People, une habitude, c’est le point de rencontre de la connaissance, du savoir-faire et du désir. Pour que quelque chose devienne une habitude, il faut réunir ces trois éléments.
Je prendrai l’exemple de la dernière habitude vue ensemble : écouter les autres.
Avoir conscience qu’il faut écouter l’autre c’est déjà très bien. Mais si je ne sais pas comment m’y prendre pour vraiment écouter l’autre, je ne le ferai pas. Il faut donc que je l'apprenne. Mais encore une fois ce n'est pas suffisant.En effet, si je sais qu’il faut écouter l’autre, que je sais comment le faire, tant que je ne veux pas écouter, que je n’en éprouve pas le désir, je n’intégrerai pas cette pratique à mes habitudes.

A force de travailler sur l’acquisition de nouvelles habitudes, nous nous détachons de nos anciens paradigmes. Et nous changeons de lunettes !!

Pour finir, je parle ici du rôle de Product Owner, parce que c’est un changement que j’ai vécu. Mais il semble raisonnable de penser que le changement de paradigme peut s’appliquer aux autres rôles d’une équipe agile !

Références :