Ce billet est la suite de celui-ci.

Devenir PO (product owner) n'est pas anodin. C'est changer sa manière de voir les choses.
Il est intéressant de se pencher sur ce changement, au travers des difficultés éventuellement rencontrées, tout en envisageant quelques pistes d'aides et (pour les 2 dernières bulles du schéma ci-dessous) des propositions de bonnes habitudes à prendre ; le but n'est donc pas ici d'expliquer en détail les activités du product owner (comment réaliser un backlog, qu'est-ce qu'une user story, etc). Si ce sujet vous intéresse, je vous conseille le très bon livre de Claude Aubry : 'Scrum, Le guide pratique de la méthode agile la plus populaire'.

Aujourd'hui je vous propose de regarder de plus près les 4 premières bulles du "Product Owner en 11 bulles".

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Bulles n°1, 2 et 3 : Le PO crée et maintient le backlog produit - planifie les releases et gère la roadmap - rédige les user stories et les tests d'acceptations

Changer de pratiques, d'outils

outil3.jpg L'agilité, c'est avant tout des valeurs, et des principes. Mais ceux-ci se traduisent par des pratiques - adaptées à chaque contexte - et l'utilisation d'outils.
Scrum préconise ainsi au PO de créer et gérer le backlog produit (bulle n°1), de planifier les releases (bulle n°2), de décrire les user stories (bulle n°3). Ce sont de nouvelles façons de décrire le besoin et de planifier le projet. Ce n’est pas "juste" de la mise en forme différente : ces pratiques et outils reflètent une façon d'aborder le besoin différemment. Et il ne faut pas négliger la difficulté que cela peut représenter d'appréhender ces nouvelles pratiques. Cela peut déstabiliser tout le monde de changer sa façon de travailler, et cela d’autant plus lorsque cela fait longtemps que l’on travaillait d'une manière différente.

Ce qui peut aider :
Ces nouvelles pratiques et outils méritent un apprentissage, que l'on pourra trouver dans :

  • Une formation initiale "spécifique PO",
  • Un accompagnement par un PO confirmé (et pédagogue, tant qu'à faire ;)) ou un coach agile (au moins pour l’initialisation et les premières itérations).

Bulle n°4 : Le PO priorise et re-priorise le backlog produit

Apprivoiser la valeur métier

valeur3.JPG En mode agile, on commence par réaliser ce qui a le plus de "valeur métier" : ce qui apporte le plus aux utilisateurs. Schématiquement, en méthode classique, on décrit l’ensemble du produit, et on essaie de le réaliser entièrement (dans l'illustration, le gros rocher sur le dos du bonhomme fatigué). En méthode agile, on « casse » le rocher, et on en recueille ce qui a le plus de valeur (les pépites d’or, dans l'illustration). Mais pour cela il faut réussir à les repérer ! C’est en cela qu'est utile la valeur métier. Pour savoir ce qui apporte le plus de valeur métier parmi tous les items du backlog, il faut attribuer une note à chaque item et ainsi "prioriser" le backlog.
Il s'agit encore une fois d'une nouvelle pratique, qui nécessite de bien appréhender ce qu'est la valeur métier, dans son propre contexte.

Ce qui peut aider :

  • Tout d'abord, commencer par prendre conscience de ce qu'est la notion de valeur métier, en faisant par exemple un Business Value Game,
  • Ensuite, dans la mesure où la valeur métier a un sens différent d'un contexte à l'autre (ce qui est important pour le client X ne l'est pas forcément pour le client Y), il est bon de définir le modèle de l’entreprise (grille et pondération = tamis), et s’assurer qu’elle est en cohérence avec la stratégie d’entreprise.
  • Il est important de revoir régulièrement la grille, d'autant plus dans un contexte "changeant".
  • Une fois que l'on a cette "grille" (qui peut parfois être très simple) il s'agit de noter les items du backlog ! Pour cela, il est beaucoup plus facile de travailler de manière relative, plutôt qu’absolue.
  • Le PO a tout intérêt à se faire aider : il lui faudra alors organiser des ateliers de priorisation avec des intervenants bien choisis (d’autres utilisateurs, la direction, le marketing…). Il existe d'ailleurs un jeu, qui peut aider : le priority poker (je ne l'ai pas encore testé, mais j'y compte bien).


La prochaine fois, nous aborderons les bulles 5, 6 & 7.
A bientôt !


Merci à Roman Pichler, dont le billet "The Product Owner on One Page" m'a inspirée pour le schéma du "PO en 11 bulles".